Une journée sans nous, mais avec tous.

Publié le par La journée sans immigrés : 24h sans nous



Angélique del Rey, professeur de philosophie et Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste ont adressé au collectif « La journée sans immigrés 24h sans nous » un texte de soutien. Ils nous offrent à voir ce que pourrait être le 1er mars 2010. Nous vous souhaitons bonne lecture.

« Une journée sans nous, est une proposition et une invitation à la solidarité, à la résistance contre l'appartheid rampant, à une prise de conscience joyeuse que "la société est tout le monde". C'est pourquoi nous la souhaitons joyeuse, loin d'une certaine tristesse militante.

Une journée sans nous, c'est pour tous. Nous souhaitons préparer et développer cette initiative, dans les formes de ce qu'on appelle le nouveau type d'engagement, horizontal, sans centre, ou bien avec "un centre qui est partout, et la circonférence nulle part." Un réseau et un rizhome.

Bref : pour être solidaire, on n'a pas besoin de bureaux politiques ou de comités centraux. C'est une expérience d'horizontalité et d'initiatives partagées. C'est pourquoi, à partir de la proposition de quelques-uns qui s'adresse à qui se sent touché, nous vous invitons à vous approprier cet appel, à développer où cela vous semble bon, et quand cela vous semble bien, des initiatives autour de cette invitation.

Que les initiateurs soient débordés, voilà ce qui sera toujours une bonne nouvelle.

Dans votre université, lycée, dans votre quartier ou lieu de travail, ou encore sous des formes ou dans des lieux que nous n'imaginons pas, faisons en sorte que cette journée sans nous soit vraiment une journée avec tous.

Ainsi, que personne ne se sente non autorisé ou en attente d'autorisation, parce qu'il n'y a pas d'autorisateur qui autorise. Il n'y a pas de petit ou de grand, d'important ou de périphérique. Nous sommes convaincus que dans ce pays, nous sommes forcément très nombreux à refuser de toutes nos forces le cauchemar d'une société divisée en forteresses et no man's land.

Il ne s'agit donc pas dans cette journée d'être solidaire avec quiconque, mais de déployer des liens de solidarité comme structure et mode de fonctionnement. Qu'il n'y ait pas de maîtres libérateurs dans les mouvements de nouveau type, loin de relever d'une faiblesse que certains regrettent, est ce qui donne la force, la joie et la puissance à ce mouvement-là.
 
Pour une journée sans nous, avec nous et avec tous.

Angélique del Rey et Miguel Benasayag,
deux qui s'approprient à leur manière, de notre projet commun.
»


Publié dans Matière à réflexion

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