Soutien de Eric Macé au collectif LJSI 24h sans nous !

Publié le par La journée sans immigrés : 24h sans nous



Éric Macé est sociologue, professeur des universités et enseignant au département de sociologie de l'Université de Bordeaux. Il est spécialiste de la sphère publique, des médiacultures, des Cultural Studies, des politiques de la représentation et des mouvements culturels relatifs aux genres (théories féministes et queer) et à l'ethnoracialisation (discriminations, ethnicité, postcolonialité). Source et biographie wikipédia.

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Ce qui fait la grandeur de la Nation française et de sa République depuis la Révolution, c'est que l'identité nationale est fondée sur une définition politique plutôt qu'ethnoraciale. Le peuple français est composé d'individus et de groupes différents.

Mais ils ont en commun la langue française et l'organisation démocratique de leurs valeurs politiques que sont les l'égalité, la liberté et la fraternité, auxquelles nous devons ajouter celle de laïcité telle que définie en 1905 : une laïcité libérale qui n'est ni contre les religions ni contre leur manifestation dans l'espace public, mais qui protège l'Etat de l'influence des religions, qui protège les religions de l'ingérence de l'Etat et qui protège les individus, croyants ou non, à la fois des religions et de l'Etat.

Or nous observons avec inquiétude que cette définition politique de la Nation tend à être remplacée par une définition de plus en plus ethnoracialisée et laïciste (en particulier islamophobe).

Depuis les marges de l'extrême droite jusqu'au sommet de l'Etat et jusque dans le parlement, les défenseurs de cette vision de l'identité nationale voudraient imposer une francité réduite à son implicite ethnoracial : un vrai Français est un Français blanc, de tradition chrétienne, depuis plusieurs générations.

Pour résister à cette inquiétante dérive communautariste de l'Etat français, l'idée d'une journée "sans immigrés" me semble une belle démonstration de ce que la France comme Nation ne peut se définir sans la contribution des migrants et des descendants de migrants à la vie de la cité et à la (re)définition permanente de la francité.

C'est à la fois en tant que citoyen, en tant que sociologue et en tant que descendant de migrants que je soutiens la manifestation du 1er mars 2010.

Eric Macé




Le 1er Mars, ce sera sans Eric Macé.
Et vous ? Que ferez vous le 1er Mars 2010 ?


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Photographie de Michelle Pichon - flash-mob 24h sans nousdu 07/02/10 au Panthéon

Publié dans Matière à réflexion

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